Événements

/ Cavalcade classiche 2018

Sardaigne, Italie

Quand 

Du 19 au 21 novembre 

 

Elle se faisait attendre celle-ci ! Organisée pour la 1ère fois l'année dernière à l'occasion des 70 ans de la marque (reportage ici) la cavalcade classiche réunit environ 70 exemplaires produits avant la mort du commendatore et leurs propriétaires pour leur faire découvrir les perles de l'Italie à l'instar de ce qui se fait pour les "modernes" depuis 2012. J'en garde un excellent souvenir malgré la pluie. Je sais depuis longtemps que cette édition va se dérouler en Sardaigne mais la Sardaigne a beau être une île c'est vaste. Prendre le risque de réserver des billets pour Cagliari ? Pour Olbia ? Je contacte des concessions pour y participer avec elles mais sans grand succès. Un ami me fait remarquer que le nord de l'île, la costa smeralda plus particulièrement, semble être parfaitement approprié pour un tel rallye. Ce sera donc Olbia mais cela laisse quand même dans le flou quant à la ville à choisir pour l'hôtel. Je finis par apprendre que tout le monde sera basé à Santa Teresa. Il ne m'en fallait pas plus pour finir de réserver. Je récupère le programme quelques semaines avant le début. Quelques point me font tiquer comme une journée pour découvrir le Gennargentu, massif au centre de l'île, avec des distances anormalement longues mais je m'attends comme d'habitude à ce que le programme change. Bref ! On verra sur place. Les dates choisies étant inhabituelles pour des touristes il n'est pas simple de trouver un direct depuis Lyon. Nous devons donc nous rendre à Genève en pleine nuit pour décoller au petit matin. L'excitation m'impose ma seconde nuit blanche en moins d'une semaine. Nous arrivons à Olbia et surprise ! Il pleut ! Fausse surprise en fait parce que les prévisions ne sont pas bonnes mais c'est à croire que la pluie est à cette cavalcade ce que la fumée est au feu... Nous récupérons notre 500 de location (je roule local) et prenons la direction de Santa Teresa pour espérer avoir le départ car nous sommes arrivés suffisamment tôt pour ne pas devoir aller directement à Alghero, l'étape du midi. En route nous croisons le premier convoi roulant à vive allure : 166, 212 Inter, 250 Europa, ... Il ne m'en faut pas plus pour ne plus me rendre à l'hôtel ! Je trouve les indications et entame la découverte du parcours. Première déconvenue après quelques kilomètres : un policier nous barre la route. Je ne sais pas pour quelle raison mais plutôt que de perdre du temps je commence à photographier les autos avec peu de marge pour varier. On m'a dit que le plateau n'est pas exceptionnel et effectivement on pouvait s'attendre à mieux mais les coups de cœur sont nombreux et l'émotion bien présente. La première photo dont je suis fier est celle de la GTO. Je n'aimais pas vraiment cette auto mais la voir sur la route permet d'apprécier toute sa prestance et me fait changer doucement d'avis. Nous finissons par reprendre la route et je comprends l'interdiction de passage à la vue d'un checkpoint. Une pause est prévue à Aggius et là encore la route est fermée. Je découvre les autos de près puis décide de reprendre la route tant bien que mal en passant par derrière. La 500 était clairement le bon choix puisque je ne sais pas comment j'ai fait pour m'en tirer sans endommager l'auto tellement c'était étroit et pentu. Dans le feu de l'action j'ignore certains lieux intéressants pour des photos comme le lago del Coghinas. Nous faisons l'impasse sur Alghero étant certain de ne pas trouver de place facilement. C'est dommage parce que ça a l'air charmant. Je préfère me placer le long de la mer et c'est sous la pluie que les premières autos débarquent après le repas. Le temps est mauvais tout l'après-midi. La halte à Bosa, mignone petite ville colorée, est horrible et me refroidit pour le reste de la journée. C'est ainsi que je ne prends pas la peine de m'arrêter quand il y a du brouillard et que je me place mal dans la valle della luna. Quoiqu'il en soit cette première journée m'a fait découvrir une diversité insoupçonnée. J'ai eu l'impression de découvrir le monde en passant d'un paysage à un autre. En une journée je me suis senti en Afrique, sur les îles britanniques, au Nouveau-Mexique, à Disneyland et bien évidemment en Italie. Impressionnant ! Et je ne parle pas des routes... Peu de photos mais un plaisir sans égal avec la 500 que je commence à apprécier après les mauvaises impressions du début (direction trop légère, centre de gravité trop haut). Le retour à Santa Teresa se fait avec un sublime coucher de soleil mais presque toutes les autos étant déjà passées nous n'en profitons pas. Comme nous nous faisons refouler à l'entrée de l'hôtel la soirée n'est pas longue et nous nous effondrons.

 

 

Le lendemain nous partons tranquillement vers Badesi et les premiers kilomètres sont peu engageants. La route est sympathique mais je vois mal comment m'y prendre pour mettre en valeur les autos. De manière générale les routes que nous empruntons sont bordées soit de barrières, soit de verdure assez haute. Un bon point pour la sécurité mais pas idéal pour profiter du paysage. Nous tentons d'inclure quelques montagnes en arrière-plan pour commencer mais je me fais une raison. Le reste de la matinée ne s'annonce pas meilleur même si je commence à retrouver le sourire aux abord du castello di Casteldoria. Je finis par me prendre une claque monumentale quand nous traversons le parc éolien de Sedini. Je ne m'attendais pas à un tel silence à peine perturbé par les moteurs au ralenti : c'est surréaliste ! À Castelsardo, autre ville colorée un plus perchée, les conducteurs peuvent s'affronter grâce un petit slalom. On distingue rapidement ceux qui ont la compétition dans l'âme. Nous n'accédons pas non plus au lieu choisi pour le repas mais c'est une erreur parce que les routes choisies pour l'après-midi sont moroses. C'est l'occasion de reprendre une activité laissée en suspens le matin : la photo en roulant. J'adore ça mais je reste au volant tout en formant mon fidèle compagnon de voyage. La plupart se prêtent au jeu et même si le nombre de déchets est élevé ça reste une expérience fantastique. Nous faisons ça jusqu'à l'hôtel avant de nous rendre au nôtre pour profiter de la piscine et passer la soirée entre amis. La journée a été courte mais je pense que c'était nécessaire pour les participants après le long périple de la veille.

 

 

Dernier jour ! C'est fou ce que ça passe vite ! Pour commencer la journée même impression qu'hier hélas et ce n'est qu'après San Pantaleo que je daigne m'arrêter pour quelques photos. J'ai de nouveau l'impression d'être au Nouveau-Mexique, c'est hallucinant. Pour la seconde fois les photographes officiels sont au même endroit que moi et compte tenu de leur matériel je suis en droit d'attendre des photos dingues. Ce ne sera pas le cas. Je suis à chaque fois ébahi par la médiocrité de leur production. Les vidéos me mettent souvent la larme à l'œil mais aucune photo ne me fait vibrer. Je suis loin d'être un professionnel mais je pense quand même valoir mieux que ça. Passons. Je poursuis jusqu'à Porto Cervo pour la première pause. Je prends une fois de plus le temps de détailler les autos et surtout je ne cesse de manifester mon amour à l'égard d'une sublime 250 Lusso nocciola engagée par ni plus, ni moins que Piero FERRARI. Je ne l'aurai jamais proprement sur la route mais je l'ai vue et c'est l'essentiel. Notre périple s'achève à Palau, aux portes de l'archipel de la Maddalena sur les îles duquel les autos vont pouvoir rouler tout l'après-midi. L'arrivée du bateau est sensationnel avec les hotesses impassibles et souriantes sur le pont. Avec peine toutes les autos sont chargées sur le navire nommé Enzo et seules 2 Portofino restent sur le carreau. Nous hésitons à embarquer mais pour rester à pied de l'autre côté cela n'en vaut pas la peine. Nous hésitons aussi à revenir le soir mais ce ne serait pas bien raisonnable. Nous préférons aller déguster une dernière pizza et profiter de la Méditerranée? Notre vol retour a du retard et un incident sur l'autoroute nous fait arriver à Lyon en pleine nuit. Bilan de cette cavalcade ? C'est quand la prochaine ?! Comme toujours on peut s'attendre à un plateau plus exclusif (même si la présence de barchette est un régal en soi) mais le plaisir de rouler avec un tel groupe est intact. J'ai conscience de la chance que j'ai et il y a fort à parier que je ne raterai pas la prochaine. Il y a eu cette année de la fatigue mais les deux cavalcadi ont clairement ravivé la flamme.