/ Dix Mille Tours 2015

Circuit du Paul Ricard

Quand 

3 Octobre 2015

 

Difficile de croire qu’un an s’est déjà écoulé, nous revoilà à nouveau au Castellet pour assister à la cuvée 2015 des Dix Mille Tours. Ce meeting est devenu un incontournable des courses historiques de fin d’année avec son lot de surprise. Et cette année, malgré un samedi annoncé orageux, ce sont 3 Ferrari qui m’ont motivées à faire le déplacement. Je parle de la 330 GTO de 1963, de la 250 GT Breadvan de 1962 et de la 250 LM de Clive Joy de 1964 qui concourraient dans le Trofeo Nastro Rosso. Cette catégorie représente à elle seule ma principale motivation de se rendre à cet évènement, les autos y sont très élégantes et c’est un plaisir de les retrouver en action ailleurs qu’au milieu de somptueux jardins. Et cette motivation, il m’a fallu la conserver toute la journée sous un ciel très chargé qui a décidé de se lâcher dans l’après-midi, ce qui a pimenter les essais et la course. C’est la première fois que je couvre un évènement au Paul Ricard sous la pluie, je ne suis donc pas des plus préparés et habitués à ce type de conditions. J’ai donc décidé d’accès mon reportage autour des paddocks, des essais du Group C et de la course des Trofeo Nastro Rosso.

Près de 600 voitures de collection de toutes époques et de tous genres se sont données rendez-vous. Commençons par un tour d'horizon des paddocks où les clubs se mettent en place, on y retrouve de tout, des Porsche, des Alpines, des américaines...Les mécanos sont à pied d'oeuvre pour préparer les voitures avant les courses. Dans un coin, se cache une Ferrari P4. J'appris plus tard qu'il s'agit d'une réplique, mais ca reste tout de même assez marquant quand on ne s'y attend pas. 

Revenons aux 3 Ferrari qui ont motivé mon déplacement et autour desquels j’ai gravité pendant un long moment dans les paddocks. Voir ces 3 autos côte à côte, ça calme.

Cette Ferrari 330 GTO est le chassis #4561SA appartenant à Vogele. Seulement 3 exemplaires ont été construits par Ferrari qui a commencé a travaillé en 1962 sur un chassis rallongé de 250 GTO avec un moteur 4L Super America. Ces trois voitures sont la source d'une erreur fréquente qui chiffre le nombre de GTO à 39 au lieu de 36, hors ce ne sont pas des 250 GTO. Le moteur 4L est en réalité celui de la 400 SA, ce qui aurait pu conduire ce modèle à s'appeler 330 SA (comme en témoignent les numéros de série des voitures concernées). Ce chassis a été construit à la demande Michel Paul-Cavalier avec son propre cahier des charges pour un usage routier, cela comprenait un empattement allongé, des feux avant entièrement couvert et un habillage intérieur en cuir bleu. En dépit d'être faite pour la route, elle dispose d’un moteur complet de compétition Tipo 163/566.

Un seul modèle existe de cette 250 GT « Breadvan », le châssis #2819 de 1962. Son origine remonte à octobre 1961, mois durant lequel plusieurs ingénieurs ont été virés à la suite d’une dispute, dont Giotto Bizzarrini et Carlos Chiti – pères de la 250 GTO. La troupe non grata s’est vite retrouvée dans le team Scuderia Serenissima dirigée par Giovanni Volpi, qui avait passé commande d’une Ferrari 250 GTO pour la saison de 1962, mais Enzo Ferrari annula cette commande quand il apprit le transfert. Ils travaillèrent donc sur le châssis #2819, châssis d’une Ferrari 250 SWB de compétition construite pour Le Mans, et qui était le prédécesseur direct de la GTO. Bizzarrini améliora l’auto en lui ajoutant tous les éléments qui ont fait le succès de la GTO comme la lubrification à carter sec et son V12 de 292 ch mais en position centrale plus basse, tandis que Piero Drogo se chargea du design. La « camionnette du boulanger » était, selon ses concepteurs, plus performante et plus légère (935 kg) que la GTO. Ce qui se vérifia durant les 4 premières heures de la course durant lesquelles la Breadvan restait proche de ses cousines avant son abandon.

La Ferrari 250 LM de Clive Joy a été livrée neuve à Maranello Concessionnaires au début de 1964. Cette 250 LM a fait ses débuts en compétition aux 12 Heures de Reims où Graham Hill et Joakim Bonnier l’ont conduis à la victoire finale. Plus tard dans l'année, Roy Salvadori, David Piper et Tony Maggs ont aussi remporté des victoires. La 250 LM est en réalité un 250P avec un toit, Ferrari a tenté de la présenter comme une simple évolution de la série des 250 afin d'obtenir l'homologation en GT sans devoir produire le nombre de voitures règlementaire. Le moteur a tout de même changé de place, passant de l'avant à l'arrière. Cependant, la FIA ne se laissa pas intimider et la LM dut courir en catégorie Prototype. Ferrari équipa toutes ses LM à l'exception de la première de moteurs de 3.3 litres, en faisant de facto des 275 LM. La dénomination 250 LM fut tout de même maintenue pour toute la série, sans doute pour des raisons commerciales et seulement 32 exemplaires furent produits.

Il est temps d'aller faire un tour en piste pour l'entrée en scène des prototypes du Group C. Cette catégorie est réservée aux prototypes des courses d'endurance et le plateau ne cesse de s'agrandir avec une vingtaine d'autos présentes ce weekend avec quelques inédites pour ma part. Je note la présence de la Jaguar XJR14 et de la Sthemo aux proportions surprenantes.

Retour sur la pitlane où les Group C ont déjà repris place dans leur box. Les Classic Endurance Racing du groupe 1 s’élancent pour leur 2ème séance de qualifications. Cette catégorie fête sa douzième saison d’existence et fait renaitre les grandes heures de l’endurance avec la rétrospective des courses disputées de 1966 à 1979. A l'issue de cette séance, l'Alfa Roméo T33 3 de Rattazzi et Pirro qui se hisse en pole, suivi par la Chevron B19 FVC de Bianco et Mazoleni, la Ligier JS 3 DFV complète le trio de tête. 

Le temps est venu pour les Trofeo Nastro Rosso de se lancer en piste. Comme l'an dernier je les photographie avant leur entrer sur le circuit, trop tard certaines sont déjà alignées. Les autos défilent sur la pitlane avant de procéder au tour de mise en grille, le ciel est très sombre et les gouttes de pluie commencent à retomber. Je me faufile que la grille de départ pour les prendre pleine face, ça donne des alignements intéressants, un souvenir pour la postérité. La pluie s'intensifie, ça promet. 

Victime d’un problème mécanique sur sa Ferrari 275 GTB, le poleman Paul Knapfield ne peut prendre  sa place sur la grille de départ. Son dauphin aux essais Carlos Monteverde - Ferrari 250 LM - en profite pour prendre la tête, puis pour distancer  ses  adversaires sur une piste  humide. Parti 6ème, Lukas Halusa dans la Breadvan boucle le premier tour en  3ème position mais commet une erreur et retrouve sa 6ème place initiale. Il entame alors une passionnante remontée en dépassant successivement la Ferrari 250 GT Berlinetta  de Christian Dumolin, la  Bizzarrini de Jean Brandenburg puis l'ISo Grifo d'Olivier de Siebenthal pour terminer sur la troisième marche du podium. La pluie, qui s’intensifie dans les dernières minutes, profite à Vincent Gaye en Ferrari 275 GTB/C qui réduit l’écart avec le leader au point de passer sous le drapeau à damier dans la même seconde.

Je décidé de quitter le circuit après la course, le ciel devient vraiment trop menaçant et la route m'attend. Au final, une journée très speed, plus courte que d'habitude mais pour le moins tout aussi épuisante avec des conditions météo dantesques. Heureusement, j'ai échappé au coup de froid. Une journée marquée par de forts souvenirs, des autos inédites.

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